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Vendredi 26 octobre 2007 5 26 /10 /Oct /2007 15:24

Vous pouvez commander directement ce livre par l'intermédiaire du courriel: marcel.baril@neuf.fr
en indiquant: Numéro de téléphone et adresse où expédier le livre.




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Marcel Baril


Un jour, à Marseille...


La petite édition



132 pages, format 13x19, prix 10€
4 nouvelles étranges
+ un roman court

   Des trajectoires tueuses s’érotisent sous le regard d’images féminines incongrues :
Adèle, une vivante en sursis dont la raison est de déraisonner, Amélie qui mêle amour et meurtre au moment même où elle devient « maman », et puis se perd dans l’inconscient Suzanne, dont la voix restera à jamais sans visage... 
Au cœur de ces récits, il y a cette face, celle de… Jean qui en appelle au « mal » pour son bien  et réclame la mort de ceux dont la très suspecte inattention a été la cause criarde de son silencieux infarctus, oui ceux-là seront tous exécutés...
Les lauriers sont coupés 
Nous n’irons plus au bois  / bien sûr il n’a pas besoin de ces lauriers, mais l’idée de ne plus y aller le terrorise...
 
       Ses nouvelles nous montrent sur le ton de         l’ordinaire, la marche où s’articule ce mouvement transgressif, revenu à l’ingénuité de l’enfance, là où amour et cruauté semblent cohabiter sans le moindre nuage, avec comme bagages, détresse, joyeuseté, silence et poésie.
 
                                                         Anne-Marie BAIE 




Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site:  www.marcel-baril.com

 
Par baril
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Vendredi 26 octobre 2007 5 26 /10 /Oct /2007 15:12
Vous pouvez commander directement ces livres par l'intermédiaire du courriel: marcel.baril@neuf.fr
en indiquant: Numéro de téléphone et adresse où expédier le livre.

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Marcel BARIL

La fêlure

La petite édition




84 pages
 - format 13x19- prix 8€
Trois parties: 
1 Les mots re-peints, texte à partir de tableaux
2 La chose, récit
3 La fêlure, nouvelle
 
     Ne sommes-nous pas nombreux à souffrir de nos fêlures ?
     Que dire de nos bégaiements pour parler d’amour, de nos difficultés à traverser les péripéties de la vie, à subir les ornières du quotidien, le poids du temps qui passe au point de rendre parfois dérisoire notre course au bonheur ?
     Une fois de plus, Marcel Baril a choisi de réveiller la déraison qui sommeille en lui. Il nous embarque dans son aventure en nous faisant circuler dans le monde onirique de ses tableaux, les mots re-peints, à la rencontre de deux nouvelles : La chose et La fêlure.
     A priori, trois démarches différentes, mais à bien y regarder, plus proches qu’on pourrait le penser, parce qu’elles font irruption dans un moment d’hiver, avec toujours là, exigeant et même rugissant, ce même appel à la vie, vie aux multiples facettes, tendres, furieuses, féroces. 
     Les idées, lelangage, les expressions, le vocabulaire, les textes se laissent savourer. Le lecteur se prend parfois les pieds dans le tapis d’une relecture. Mais qu’importe. Il applaudit.
 
Henri ESTEBE
    






Par baril
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Mardi 23 octobre 2007 2 23 /10 /Oct /2007 15:32
 
 
  
 

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Mémoire d’un poète
 
 
 
 
Après avoir parcouru un long chemin sur une route difficile, à bout de souffle, découragé, j’allais renoncer à poursuivre mon voyage, m’asseoir sur le bas-côté et attendre que l’ordre des choses me reprenne et m’emporte pour un pays inconnu. Contraint à accepter mon sort, quand soudain, j’aperçus ce qui ressemblait à un bout de tunnel, un cul de sac : un fond de poche. Là, un portail immense, lourd, massif se dressait devant moi comme l’entrée d’un château médiéval avec une ouverture découpée à hauteur d’homme dans le milieu.
Dans un sursaut d’espoir, je poussai la porte et aussitôt le ciel s’empala sur des rires pointus, acides, tranchants, qui bien que ne me concernant en rien, m’éclaboussèrent de leur médiocrité.
Derrière moi, aucun regret. Seules des langues gluantes dépassaient des pierres et s’étalaient comme une lave incandescente sur le passé en proférant des sacrilèges mensongers, honteux, diffamatoires. Au fur et à mesure que je m’éloignais de cette lumière, celle-ci me semblait de plus en plus jeune (à vous rendre la jeunesse inutile). Bientôt la porte se referma. Ç’en était fini des orages verts sur les marais de chiffons pendus, des sourires trompeurs, des amitiés intéressées, aux couteaux acérés guettant l’instant propice pour glisser leurs jambes en travers de mon pas.
Je ne sais plus, aujourd’hui, quelle est cette nouvelle porte que je viens à présent de franchir, comme si un palier de plus, gravi vers l’avenir devait forcément m’élever, une projection en direction de la mort. Ce que je sais, c’est qu’elle est nouvelle et je pressens que quelque chose va changer se transformer, renaître de ses cendres.
 
Dans un premier temps, ce sont les planchers mouvants qui m’ont accueilli de leurs grincements les plus glauques. De toutes parts fusaient les chuchotements, les assourdissants non-dits. Des coins trop sombres. Le rêve-désirant, lui, était encore là, en chien de fusil. Là les yeux verts.
Dame illusion est arrivée sans surprise dans un ahurissant galop du cœur, surgissant d’une crypte aux songes avilis, ensanglantée, un soir où l’ambre avait bouffé l’azur, munie de sa longue lance, d’une verge faible traînant sur le sol jusqu’à crever l’horizon, de ses yeux de sphinx jaunes et rouges, de ses dents de prie-dieu et de ses mains de sucre. Elle se tenait immobile, debout, au milieu d’un chemin que j’avais longé depuis la dernière porte.
Elle ne me troubla pas, je l’avais pressentie, habitué à des réminiscences d’outre tombe qui me l’avaient fait croiser quelques fois entre l’ombre et la lumière, infiniment aimante d’un côté comme de l’autre.
Moi ?
Ces moi multiples, qui me composent et qui s’expriment, se déplacent, comme une armée, une horde gigantesque d’ombres aveuglantes. Nous, moi et moi et moi encore, l’âme et le corps, la matière et le néant. Ces innombrables démons qui se fédèrent en JE…
 
A cet instant précis, il est possible que j’aie franchi d’une seule enjambée plusieurs portes. Peu importe ! L’étiolement sur ce long chemin absorbait tout l’or des bronzes. J’avalais tout ce qui, sombrement épuisé, tombait de moi jusqu’à ce que ma glotte cogne au visage de la nuit. Il n’était pas question d’en laisser perdre sur ce chemin qu’après tout je n’avais pas choisi, et sur lequel j’étais un étranger. Les éléments eux-mêmes tentaient d’exploiter mon ingénuité, mais il y avait toujours une pierre rugueuse pour s’infiltrer entre l’asphaltite et moi, une plaie où enfoncer le doigt, pour ne pas oublier qu’il y aura continûment à l’horizon du rêve une porte pour contenir l’envol.
 
De vieux chinois ont passé le pont… Il y a toujours les chats gros et rouquins sur la brèche grise en quête d’un soleil éphémère et toujours, sous l’arche, l’ombre des fous qui luttent depuis la première lune avec la raison et l’éternel. Leurs pas piétinent les miettes de voix muettes de ceux qu’un rayon de lumière assassina. Les torrents n’effaceront jamais les monstres de Goya. Une fois encore ils chausseront leur rugissant tumulte et procèderont à la multiplication des nuits pour réfuter l’instant.
 
Je vous parle avec des mots que seuls les poètes connaissent, et, du même fait, je me vois condamné et exclu par ceux qui, hermétiques à la poésie, développent une allergie et font un rejet violent de celui qui a osé. Celui dont la gueule lance des agates célestes comme une salve de flèches en bois d’amour tendre et en quête de ventres rouges pour s’implanter, germer et se ramifier au delà de l’espoir. Celui qui parvient à se hisser guitare aux dents, comme se hisserait un pavillon rebelle à la mâture d’un navire fantôme, la tête blanche sur fond noir pour crier ma révolte et flotter, comme aux cabanes des pêcheurs les filets s’élancent et se débattent dans le vent pour survivre.
Sous mon pied, que le voyage a su sculpter, gît la toison pauvre de mes ans. Mon genou s’immerge au plus profond de mes songes, ma tête explose dans un ciel rempli de feux follets. Autour de moi, comme une tornade, le ténébreux simulacre des marais, que je suis prêt à échanger contre la respiration apaisante d’un orgue de lapin gris, virevolte.
Celui qui sait que les femmes ont des regards de bûcherons et qui malgré tout reste désespérément arbre. Celui que le temps n’a pas encore vaincu tout à fait et qui t’espère « toi : amour », son ultime porte.
Je soutiens que mon désir est un manque ; ce vide plein de ton absence, cet appel d’un futur habité par tes yeux, un temps d’attente du jour à naître comme une promesse de bonheur. Toi à qui le passage n’a pas suffi, et qui y reviens généreuse de ton âge. Tu y reviens avec la foi liquide. Ton bras déroule des saisons en hiver, des hivers en rêve, cette illusion où tu reviens sans cesse comme un remords, une plaie ouverte par les doigts volontaires et absurdes.
 
Le désir est en moi, comme le ver est dans le fruit ; jusqu’à l’insoutenable douleur du plaisir. Je rêve, j’attends, je m’étire jusqu’aux limites du peut-être en tentant de retenir le temps par la bride, de retarder le bouquet final de mes fantasmes parce qu’au bout de mes simulacres il y a la déception. Le plaisir est incontestablement moins grand que le désir. Derrière la dernière porte, il y a la mort.
 
Ce que je sens de toi, c’est ce que j’en imagine au moindre bruissement, le prolongement d’un soupir. Au vide des arêtes de mur se substituent les ailes légères et les ronces d’oubli.
Tu y reviens. Le cerf après son brame enfonce dans les bois la douleur forte de ses rameaux. Dans tes pas le temps se perd. Il ne chantera plus la crainte des caresses ni la peur d’un regard à ce monde nouveau. Tu y reviens, la tête sur le mur cent fois s’écrase.
 
 
 
 
  Pour en savoir plus rendez-vous sur les sites: www.marcel-baril.com
ou :
www.lapetiteedition.com
 
 
Par Marcel BARIL
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